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mardi 2 décembre 2008

Une semaine en Sarkozye ou le crépuscule des libertés

  • 2-dic-08 - Des gendarmes et des maîtres-chiens se sont invités en pleine classe au collège de Marciac, dans le Gers. Des collégiens ont subi des fouilles au corps. Selon les syndicats, plus d'une vingtaine d'opérations de ce type auraient été conduites depuis le début de l'année
  • 1-dic-08 - Des bousculades entre la police et des familles, soutenues par l'association Droit au logement (Dal), ont eu lieu ce lundi matin près du tribunal administratif de Paris. Ces dix neuf familles, une trentaine de personnes au total, sont venues saisir le tribunal en vertu de la loi sur le droit au logement opposable, qui entre en vigueur aujourd'hui.
  • 1-dic-08 - Concernant l'indépendance de la justice, Villepin estime qu'«il n'est pas acceptable qu'il puisse y avoir dans notre pays une telle confusion entre les intérêts privés d'une partie civile et la responsabilité publique du président de la République. Cette confusion est dommageable au bon fonctionnement de la justice.» Pour l'ancien chef du gouvernement, «Nicolas Sarkozy a toutes les manettes en mains : il est le maître de l'ensemble du processus judiciaire. Il est maître de la composition d'une juridiction alors même qu'il est partie civile dans le dossier ; il est maître du calendrier du procès, on parle de 2009 ou de 2010 ; il est maître de l'accès à l'information et il est chef des parquets. C'est impressionnant.»
  • 28-nov-08 - Vendredi, Vittorio de Filippis, directeur de la publication de Libération de mai à décembre 2006, a un réveil désagréable. Vers 6 h 40, des coups répétés à la porte. Quatre policiers, brassard au bras, l'enjoignent de les suivre. Il ne peut téléphoner ni à sa famille ni aux avocats du journal. Le journaliste demande à son fils aîné, âgé de 14 ans, d'emmener son petit frère de 10 ans à l'école.
  • 1-dic-08 -L'idée que des SDF meurent de froid est visiblement insupportable. Que la violence sociale transforme chaque année l'existence de dizaines de milliers de personnes en cauchemar, dans les centres-ville autant que dans les zones les plus rurales, et que certains d'entre eux réagissent en mettant leur vie en péril, voilà qui ne dérange personne. Qu'un sans-abri meurt dans une rue de Paris, cela suscitera des commentaires gênés. Mais que le même ait le mauvais goût de mourir au bois de Vincennes, où l'on vient se promener en famille le dimanche, non : il faudrait se lever et dire stop. Pourquoi ? Parce que, par le choix d'un tel lieu d'exil, ce clochard-là réveille des peurs enfouies autour de la nature - la nature végétale et la nature de l'homme.
  • 1-dic-08 - Les militants du comité «L'appel et la pioche» appellent ça les week-ends «Faim de mois». Concrètement, cela se traduit par un pique-nique - c'était le quatrième du genre - qu'ils organisent dans un supermarché. Cette fois, les vigiles de l'enseigne n'ont pas du tout apprécié. Ils ont donc appelé la police, venus en nombre, une quarantaine d'agents, davantage que de manifestants. A l'issue de l'opération les policiers ont encerclé les membres du collectif… mais aussi la dizaine de journalistes (cameramen, photographes, reporters de presse écrite) présents. Ils ont relevé les identités des manifestants et des journalistes, interdisant à quiconque de s'en aller.
  • 29-nov-08 - Il n'existe pas, en France, d'âge minimum de responsabilité pénale. Le juge doit apprécier si le jeune mis en cause est capable de discernement, et donc accessible à une sanction. En dessous de 13 ans, cependant, cette sanction ne peut être qu'une mesure éducative. Le mineur ne peut pas être incarcéré. La commission présidée par le juriste André Varinard propose que la loi fixe désormais l'âge minimum de responsabilité pénale à 12 ans. La prison sera dès lors possible, mais seulement en matière criminelle. Les experts proposent aussi un seuil pour permettre l'emprisonnement pour des délits : ce serait 14 ans.
  • 26-nov-08 - En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu'à quelpoint allons-nous accepter que l'antiterrorisme permette n'importequand d'inculper n'importe qui ? Où se situe la limite de la libertéd'expression ? Les lois d'exception adoptées sous prétexte deterrorisme et de sécurité sont-elles compatibles à long terme avec ladémocratie ? Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocierle virage vers un ordre nouveau ? La réponse à ces questions, c'est ànous de la donner, et d'abord en demandant l'arrêt des poursuites etla libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pourl'exemple.

Heureux qui comme Ulysse