A l' heure où je rédige cette chronique, la Bourse de New York enregistre une autre journée destructrice, avec une baisse de 528 points. Depuis dix jours, les agents économiques attendaient le plan de sauvetage du système financier américain négocié par le Trésor, le Fed et le Congrès. On attend, on attend, bon il arrive ?
Le plan est là. Il a une saveur amère pour les milieux d' affaires et âcre pour les parlementaires qui retournent aux urnes dans trente-huit jours. L' incertitude plane quant à son adoption. Je revérifie sur mon écran et découvre que le vote de rejet vient de l' emporter par 228 votes contre 205 (il en fallait 218). Les marchés plongent de 700 points. Petite explication à chaud :
Que s' est-il passé ? La semaine dernière, le Monde parlait d' union sacrée. Aux Etats-Unis, ils appellent cela le « bipartisanship » et si vous n' aimez pas le concept au moins officiellement, vous êtes un égoïste.
Tous s' accordent que la situation est critique et que plus on attend, plus les dégâts des eaux se répandent au reste de l' économie (General Electric a dû emprunter 5 milliards auprès de la Fed parce qu' elle ne trouvait pas les moyens de financer ses besoins en liquidités) et au reste du monde (la banque centrale européenne vient d' injecter 120 milliards sur les marchés européens).
Pourquoi le plan n' a-t-il pas été adopté ? Dans les pays anglo-saxons, il y a souvent dans les bazars un panonceau qui dit : « You broke it, you own it » (= vous l' avez cassé, il est à vous). L' économie américaine après huit ans de Bush traverse la crise économique la plus grave depuis 1929. Bush a perdu toute crédibilité pour gouverner aux yeux de son propre camp. Petraeus, le général « victorieux » en Irak maintenant redéployé en Afghanistan a de facto les pleins pouvoirs à l' extérieur. Paulson, le président du Trésor s' occupe de gérer la pagaille intérieure. Dans ce contexte, les Démocrates avaient les moyens de faire adopter une loi sans l' accord des Républicains. Mais le plan de sauvetage de Wall Street a un coût de 700 milliards de dollars et le Parti Démocrate n' a pas l' intention d' assumer seul l' impopularité de la mesure quand ce n' est lui qui a fait un enfant à la bonne.
Avant même que McCain vienne ajouter son grain de sel, la semaine dernière quand il a déclaré comme Batman qu' il retournait à Washington pour sauver l' économie, les Républicains étaient déjà récalcitrants.
Ils sont fondamentalement en désaccord idéologique avec le contenu du plan : limiter les salaires des dirigeants, interdire les parachutes dorés, reréguler l' economie, donner au juge des faillites le droit de changer les termes des prêts hypothécaires, et à l' Etat des parts dans le capital des entreprises secourues est une hérésie. Comme disait le Sénateur Républicain Shelby, « We are going down the road of France ». ("On va bientôt ressembler à la France").
Il aura aussi manqué des votes démocrates pour faire passer la loi. Ceux qui retournent devant les électeurs dans moins de quarante jours préfèrent être trucidés par Nancy Pelosi, la Présidente de la Chambre des Représentants que de commettre la faute politique de voter une loi certes indispensable mais très impopulaire. L' argent va à l' argent, hurle la foule en colère.
Voilà, pendant que le renard libre saccage le poulailler, les élus des poules libres ne veulent pas qu' on leur reproche de faire des cadeaux immérités. Ainsi va le fabliau, les œufs sont piétinés et on joue Brahms.
Gabrielle Durana
San Francisco, Etats-Unis
mardi 30 septembre 2008
Chroniques du tsunami financier - quatrieme volet-
Publié par
Jérome
à l'adresse
10:15:00
0
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : crise octobre 2008, economie, histoire, libéral, spéculation
mardi 23 septembre 2008
Tsunami financier
Je ne peux pas résister à vous faire partager ce premier de ce qui sera toute une série d'articles de Gabrielle Durana. Je les ai découverts au hasard d'un forum. Je les publie avec l'accord de l'auteur(e). J'aime cette intelligence de la perception, l'analyse quelques fois chirugicale des faits, mais surtout le style, déroutant parfois, mais qui rend abordable et captivant le moment d'histoire que nous vivons.
Tsunami financier
Un de mes amis artiste plasticien me disait au mois de mars dernier, quand la banque d' investissement Bears Stern, au bord de la faillite, venait d' être rachetée pour une bouchée de pain – à l' échelle du capitalisme- par JP Morgan qu' il n' avait pas peur de la crise. Son existence d' « avant la crise » : il gagnait 21.000 dollars par an en travaillant comme manutentionnaire dans une galerie d' art, partageait un appartement avec 4 autres personnes dans le quartier bon marché de la Mission et la dernière fois qu' il avait dû se rendre aux urgences après s' être fait agressé par un toxico en manque, il avait préféré marcher plutôt que d' appeler une ambulance qu' il n' aurait pas eu les moyens de payer. « Come on recession ! I'll take you on » plaisantait-il. (Approche la crise. Viens que je te casse la gueule).
Bien sûr me direz-vous, la vie de Bohème … Fernande Olivier ne racontait-elle pas dans ses mémoires que Picasso et elle étaient tellement pauvres quand ils vivaient au Bateau-Lavoir qu'une fois elle était restée dans la chambre sans sortir pendant six mois car elle n' avait pas de chaussures ? Mon pote, lui mange au restaurant indien tous les midis. Mais tout le monde n' est pas prêt à payer le prix d' être pauvre pour devenir artiste. En fait, les classes moyennes aspirent à assurer la sécurité matérielle à leur famille grâce au travail et à l' épargne. Le tsunami financier les fera-t-elle basculer dans le cauchemar assisté des travailleurs pauvres ?
La Bourse de New York a perdu 500 points il y a deux jours, en a récupéré 140 hier et va en reperdre 450 aujourd'hui. Elle est tombée sous la barre des 11.000 points, en recul de 35% par rapport à octobre 2007. En 1987, lors du lundi noir, la Bourse avait perdu 22,6% en une seule séance. En 1929, entre le jeudi 22 octobre, le jeudi noir et le 13 novembre, elle avait baissé de 39%. Ne polémiquons pas sur le fait que John McCain, le candidat républicain à l' élection présidentielle de novembre dit que les fondamentaux de l' économie américaine sont solides. Le plus important est qu' en dépit de toutes les mesures introduites pour mâtiner la panique, la situation ne semble pas s' améliorer.
C' est la fin d' une époque. L' économie mondiale, impulsée par les Etats-Unis a connu plusieurs vagues de laissez-faire et d' interventionnisme depuis la révolution industrielle. La dernière vague avait été initiée par Reagan au début des années 80. L' idée était de « libérer les forces du marché » des fers de l' Etat. Les Chicago boys voulaient tout déréguler, des aiguilleurs du ciel au taux d' usure, à l' électricité. Passons sur le fait que leur politique budgétaire était keynésienne (répondre à la crise en soutenant la demande avec du déficit budgétaire, notamment un énorme budget militaire). Passons sur le fait que la politique monétariste qui en luttant contre l' inflation a surtout favorisé le capital. Concentrons-nous sur l' Etat-arbitre, sur le fait que les lois anti-trust et les autorités de contrôle ont été en grande partie éviscérées de tout pouvoir régulateur. Bonant malant, la même philosophie hayekienne a prévalu chez les deux partis de gouvernement. Dans l' euphorie de la croissance, elle a conduit à démanteler, sous Bill Clinton, le Glass-Steagall Act en 1999, qui avait été instauré en 1933 pour protéger les épargnants contre une excessive spéculation et qui interdisait aux banques de dépôt d' être aussi des banques d' affaires.
Le 11 septembre a forcé les idéologues du roll back the state à faire des fonctionnaires des salariés des aéroports. La crise de l' électricité en Californie au début des années 2000 a aussi montré que le marché ne savait pas d' autoréguler. Pour apaiser le public après les scandales d' Enron et de Worldcom et d' Enron, la loi Sabarnes-Oxley a été adoptée pour créer un peu de transparence dans le marché. A l' époque, les mêmes ont dit que ces lois créaient un désavantage pour la place de New York et que le capitalisme mondial allait se recentrer sur Londres .
La victoire des Démocrates en novembre 2006 qui disposent de la majorité aux deux chambres, puis l'explosion de la crise des subprimes en août 2007 sonnent l' heure d'un retournement de balancier.
Il n' est pas sans ironie que ce soient deux Républicains notoires, le président de la Fed, Bernanke et le Secrétaire au Trésor, Paulson qui se retrouvent à nationaliser les compagnies de refinancement de crédits hypothécaires Freddie Mc et Fanny Mae, et AIG, la plus grande compagnie d' assurance au monde. Ce pragmatisme s' explique par le fait que toutes ces institutions sont trop grosses pour les laisser tomber (too big to fail) et que leur faillite risquerait de créer un risque systémique c' est à dire de faire s' effondrer tout le système financier.
Ce qui me ramène à ce que Keynes appelait l' économie de casino. Lehman Brothers dont la Barclays est sur le point de racheter les actifs pour une bouchée de brioche avait emprunté l' équivalent de 30 fois son capital. Tout comme Merril Lynch et Bear Stearns, Lehman Brothers et les autres banques d' affaires n' étaient pas sujettes aux mêmes obligations en termes de ratios sur fonds propres que les banques de dépôts. Après 1999 et l' abolition de la loi Glass-Steagall, certaines banques de dépôt se sont lancées dans le monopoly, telles UBS ou Citigroup. D' autres, souvent faute de position concurrentielle et non par désir de modérer leurs profits sont restées sur le bord du chemin et ont gagné moins d' argent dans le secteur hyper-lucratif des nouveaux instruments financiers. Mais c' est bien le coussin d' amortissement de leurs fonds propres qui est en train de permettre à ces banques de dépôt historiques, comme Bank of America ou Wells Fargo de mieux s' en sortir et même de s' offrir les dépouilles dorées de leurs concurrents moins chanceux.
Toute cette histoire n' est pas très morale. Alors que le PDG de Morgan Stanley dont les actions viennent de plonger de 25% et de 55% en un an ramènera à la maison plus de 200 millions de dollars cette année, beaucoup d' épargnants qui ne sont pas boursicoteurs ont perdu les économies de toute une vie. Si l' on combine le too big to fail et l' économie de casino, cela donne la formule suivante : tant que tout ca bien on privatise les profits et quand ça va mal on socialise les pertes. Au final, j' espère que les Démocrates gagneront les élections en novembre et que la loi qui est le seul instrument efficace pour réguler le marché, la loi rétablira un peu de justice. Entre faible et le fort, c' est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. Combien de temps allons-nous continuer à regarder le renard libre manger les poules libres dans le poulailler libre ?
Ecrit le 18 septembre.
Gabrielle Durana
San Francisco, Etats-Unis
Publié par
Jérome
à l'adresse
22:47:00
0
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : crise octobre 2008, economie, histoire, libéral, spéculation
lundi 22 septembre 2008
Repression franquiste: 130.137 victimes
Garzón recibe 130.137 nombres de víctimas y pistas sobre su paradero
Los familiares y asociaciones de recuperación de la memoria histórica que han pedido a la Audiencia Nacional que investigue sobre las víctimas de la represión franquista llevan hoy al despacho del juez Garzón la relación de nombres de los que fueron torturados, paseados, fusilados y enterrados en fosas comunes, arrojados al mar o a profundos pozos, y pistas sobre su posible paradero.
Es el trabajo de más de 200 personas durante años. Las pruebas de un exterminio llevado a cabo con método y premeditación, que se prolongó hasta los años cincuenta. Una relación de nombres y lugares apurada hasta el último momento. 130.137 en España. 7.000 más en campos de concentración en el extranjero. "Se cometieron todos los crímenes que se pueden dar contra la humanidad: genocidio, desapariciones forzadas, e incluso crímenes de guerra. Y se prolongó hasta los años cincuenta, tras los juicios de Nuremberg y la Declaración Universal de los Derechos Humanos", señala Fernando Magán, el abogado que representa a las asociaciones personadas en la causa (22 desde hoy).
A partir de hoy, Garzón podrá ponerles nombres a las víctimas y si decide que es competente para ello, empezar a buscarlas. Las cifras revelan la brutalidad de la represión, su carácter masivo. Las pequeñas biografías que algunas asociaciones han podido aportar al juez, hablan de hombres y mujeres con pocos años y muchos hijos. Gente humilde: jornaleros, canteros... vinculada a sindicatos o partidos de izquierda. También se aportan datos del asesinato de mujeres embarazadas, de los alcaldes y gobernadores civiles republicanos que no lograron huir a tiempo e incluso de los que, tras conseguir escapar de la guerra en España, acabaron en los pozos crematorios de la Segunda Guerra Mundial.
Familiares más o menos directos de las víctimas, incluidos muchos que ya han encontrado a los suyos, pero también profesores de instituto, catedráticos de Historia, jubilados prematuros, e incluso algún enfermo que ha dedicado a esta investigación mucho más esfuerzo del que su médico le recomendaría, han participado en la elaboración de este censo. Todos se han sorprendido con la cifra final. "Sabía que eran muchos, pero no imaginé que había tantos muertos", dicen los coordinadores de las investigaciones.
Han trabajado con el formulario de la ONU para las desapariciones forzadas, con 45 preguntas en las que han de resumir los últimos días en que fue visto el desaparecido, y con quién. Hoy llevan orgullosos ese trabajo a Garzón. Es el premio por haber logrado superar el miedo de los supervivientes y las amenazas de algunos de los que creen que sólo se busca reabrir heridas.
Publié par
Jérome
à l'adresse
09:28:00
0
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : espagne, extreme droite, extreme gauche, histoire
Sénatoriale: Le parachutage de Sarkozy, les Français de l'étranger n'ont n'en pas voulu.
En attendant les élections des nouveaux députés de l'étranger en 2012, qu'ils en prennent de la graine dans tous les états-majors parisiens. Dominique Paillé, le parachuté, a réussi le plus mauvais score. Il reste dommage que la gauche n'a pu obtenir un second siège pour trois voies. en attendant saluant l'élection de Claudine Lepage du PS. Une femme de plus ! ... vient-on de me dire à ma gauche (oui, parcequ'à droite ...).
Dominique Paillé battu aux sénatoriales
PARIS - Le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé a été battu dimanche lors des élections sénatoriales, selon les résultats officiels.(Publicité) M. Paillé, déjà battu aux législatives de 2007, briguait un des quatre sièges de sénateur représentant les Français de l'étranger renouvelés lors de ce scrutin.
Avec 10,6% des suffrages, il a été devancé par la socialiste Claudine Lepage (31,13%), les UMP Robert del Picchia (23,84%) et André Ferrand (17,88%) et le divers-droite Christophe Frassa (16,56%)."Il est toujours difficile d'être élu pour une assemblée quand on extérieur à cette assemblée. La difficulté qu'avait Dominique Paillé, c'est de ne pas être membre de l'assemblée des Français de l'étranger", a commenté Jean-Pierre Raffarin. "Il se passe la même chose en métropole. Quand il y a des candidats parachutés, le parachutage n'est pas bien accepté".
Ce renouvellement d'un tiers du Sénat était marqué par une grande stabilité, selon les premiers résultats. Sur les 30 sénateurs élus ou réélus dès le premier tour, aucun siège n'a basculé de droite à gauche. Les résultats du second tour des sénateurs élus au scrutin majoritaire étaient attendus à partir de 18h30. AP
Chevènement élu au Sénat, Millon et Paillé battus
L'ancien député UMP Dominique Paillé, conseiller politique à l'Elysée et porte-parole de l'UMP, qui briguait un des quatre sièges des Français de l'étranger, a été nettement battu, obtenant 16 voix sur 151 votants, le plus mauvais score.
Publié par
Jérome
à l'adresse
00:19:00
0
commentaires
Liens vers ce message
jeudi 18 septembre 2008
Nous revenons - Volvemos
Après des vacances bien méritées. Nous revenons.
Nous sommes en pleine crise financière, mais c'était prévu, plus en Espagne qu'ailleurs, mais c'était aussi prévu. Cela n'empèche pas que nous ne regrettons pas avoir soutenu ZP lors des dernières élections. L'objectif entre autre était que son accession de nouveau au gouvernement, obligerait le PP à une refondation. La chose n'est pas terminée, mais le climat politique en Espagne est plus sain. Gallardon peut enfin s'exprimer, et menacer les futurs actionnaires du Canal Isabel II si la privatisation annoncée par Esperanza Aguirre se concrétise. Libertad digital continue à être un bon sous-marin de Espe, y Losantos va devoir recourrir à un prêt pour payer les frais d'avocats, amendes et autres qui lui tombe sur la tête. Encore qu'avec le reserrement du crédit il pourrait tomber en banqueroute.
Quant à la France, pas grands chose à dire. La présidence continue de s'enfoncer dans une médiocrité consolidée, normal, Nicolas Sarkozy déteste les élites; la gauche tourne en rond et en particulier le PS. Vaillante force d'opposition que nous avons là. Mais enfin laissons leur le bénéfice du doute et voyons si quelques chose sort de leur congrès.
Nous avons d'ailleurs, influencés par deux ou trois contacts au PS, commencés à lire les contributions. Et nous reconnaissons que l'introduction présente sur le blog du PS de Madrid sur le pôle ecologique du PS pourrait presque être notre. D'une façon générale, les idées ne manquent pas, qu'est-ce-que l'appareil laissera émerger ?
L'écologie politique est-elle en passe d'être un pilier idéologique pour un parti de gouvernement. Cesserait-elle enfin d'habiter les limites de l'échiquier politique et gagnerait-elle donc non seulement en reconnaissance, mais aussi en puissance institutionnelle. Il est certain que la colère gronde chez les militants, et un congrès au PS n'est pas complètement verouillé. Nous verrons, j'ose dire nous esperons.
Voici donc l'introduction en question:
PAROLE AUX MILITANT(E)S: POUR UN SOCIALISME ÉCOLOGIQUE.3 septembre 2008 par Section de Madrid
J’ai signé la contribution « Pour un socialisme écologique ».
Au moment du débat sur la déclaration de principe et des amendements que nous avions déposé auprès de la fédération j’avais demandé une attitude disons plus révolutionnaire du parti, qui partait du constat sur notre situation comme socialiste, mais aussi comme être vivant.
• Le modèle socialiste tel qu’il existe aujourd’hui a démontré son inadéquation confronté à l’économie de marché, à la banalisation de la consommation, à une financiarisation de l’économie et de la société. L’alternative qui nous est offerte actuellement à nous socialistes est celle d’un accompagnement thérapeutique de ce libéralisme sauvage ou le retour à certains modèles de gauche qui de fait ont été rejetés par la société et qui ont été abandonnés après le gouvernement Mauroy de 1981. De plus cette même société de marché ne nous laisse d’autres possibilités que celle de nous positionner par rapport à elle-même, par rapport à sa dynamique de destruction; destruction des illusions, destruction de notre santé, destruction de notre culture, destruction de notre âme, destruction de notre planète
• En concomitance avec cette désorientation à gauche, nous pouvons voir apparaître ce qui est de fait la fin d’un cycle. La tourmente actuelle, aux multiples visages (énergétique, alimentaire, écologique, sociale) nous engage dans une poursuite sans fin, afin de conserver nos acquis, qui ne peut qu’être retardé. Elle ne peut qu’amoindrir les conséquences du dérèglement d’une économie qui a vécu d’une façon générale en marge des réalités d’un système fini, aux ressources limitées. La croissance, telle que nous la connaissons actuellement ne peut être illimitée.
Partant de ce constat j’avais débattu pour l’insertion de certains amendements à la déclaration de principe originale. J’avais défendu une position révolutionnaire, remettant en cause certains dogmes communément admis:
• La croissance telle qu’elle est définie actuellement ;
• Redéfinir ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas ;
• Remettre en cause certaines options industrielles qui sont un frein à la diversification, l’évolution de certains modèles de production (le nucléaire) ;
• Remettre en cause une société de consommation sans limite ;
• Redéfinir la notion de bien durable et réparable ;
• Remettre en question la règle d’or du système: le coût des choses comme unité de mesure intangible ;
• Revoir le couplage entre la finance spéculative et les appareils de production ;
La crise est aussi une opportunité, en marge des douleurs qui l’accompagnent: celle de redéfinir un monde plus sain, plus profond, plus juste, plus égal et non cette superficialité qui est en est actuellement le moteur.
Je n’ai découvert la contribution du pôle écologique qu’a posteriori, son influence sur moi aura donc été indirecte de par les amendements à la déclaration de principe qu’ils ont émis. Mais je m’y retrouve pleinement.Sans sombrer dans l’altermondialisme récurrent de certains au parti ou en dehors, qui bien que noble n’offre pas une construction d’un modèle adapté à notre société et aux gens qui la composent, cette contribution s’articule autour d’une argumentation de bon sens, ou la notion d’écologie politique est centrale et offre donc une alternative sur une base philosophique.L’approche qui est faite de la situation actuelle et la façon d’y remédier, tout en reconnaissant dans quel monde nous vivons, offre une approche révolutionnaire à notre modèle d’expansion, le remet en cause dans ses aspects les plus immoraux. Le recentrage sur l’individu, sur la notion du “small is beautiful”, sur le bon sens à un moment où le monde est déréglé, s’inscrit dans un cadre de remise en question de notre “schéma de vie” qui est acquis pour beaucoup dans notre société en crise.La crise touche les couches populaires et moyennes (ex : hausse des prix de l’essence et des produits alimentaires) les prenant en otage et la crise immobilière les fixant dans des villes et banlieues résidentielles; pris entre le prêt immobilier ou de la location, et le prix des transports les couches moyennes et populaires sont en constante paupérisation.
La contribution propose une transformation radicale du mode de développement, sur la base de dix orientations appuyées sur des propositions concrètes souvent novatrices :
• un effort massif et coordonné pour préparer l’après pétrole, avec des propositions sur l’habitat et les transports, et la priorité donnée à la réduction de la consommation d’énergies et aux énergies renouvelables plutôt qu’à la construction de nouveaux outils de production comme les réacteurs nucléaires EPR;
• un nouveau mode de production et de distribution, notamment en transformant progressivement le contenu de la croissance, afin d’en améliorer la dimension sociale et écologique ;
• une société de la connaissance ouverte stimulée par le principe de précaution ;
• une préparation de l’avenir lucide, ambitieuse et solidaire pour redonner l’espoir d’un avenir meilleur pour soi-même et ses enfants ;
• une nouvelle fiscalité écologique et progressive avec notamment l’instauration au plan national d’une taxe carbone qui intègre une logique redistributive ;
• un nouveau mode de consommation : qualité, proximité, propriété partagée, recyclage, durabilité ;• la démocratisation indispensable des institutions avec notamment l’interdiction du cumul des mandats pour les parlementaires et le droit de vote des étrangers aux élections locales ;
• le citoyen au cœur de services publics efficaces notamment en incitant à une reprise du contrôle public de la gestion de l’eau, et en consacrant des moyens supplémentaires aux services publics dans les secteurs géographiques en difficulté ;
• la prévention et la cohésion sociale au cœur de la protection en adoptant la proximité comme caractéristique essentielle dans l’organisation des services publics ;
• de nouveaux droits pour de nouvelles libertés, par un développement de la laïcité et la préservation de l’espace de libertés constitutif de l’internet.
La contribution avance en outre des propositions novatrices pour une nouvelle régulation mondiale et une Europe socle de nouvelles règles.
Le socialisme écologique doit être notre nouvel horizon. Pour l’atteindre nous avons besoin, entre autres :
• d’une société de la connaissance ouverte mobilisant le formidable potentiel de savoirs, de créativité et d’innovation que recèle l’humanité ;
• d’une ligne stratégique claire, la conjugaison du social et de l’écologie, s’appuyant sur des engagements précis ;
• d’un parti débattant enfin du fond, plutôt que de se limiter au débat de personnes.
Je vous engage donc à la lire et à la signer.
G.C.
La contribution générale “Pour un socialisme écologique”.
Le Pôle Écoligique du PS
Publié par
Jérome
à l'adresse
22:50:00
0
commentaires
Liens vers ce message







